Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813

Un Hussard natif de Laruns au service de l'Empereur Napoléon 1er

Cérémonie Commémorative du Centenaire de Saalfeld et d’Iéna (1806-1906) à Laruns

Article du Journal « Le Patriote des Pyrénées » du 23 Septembre 1906 ...

La Fête du centenaire de la fameuse bataille d’Iéna et du combat de Saalfeld, où s’illustra le maréchal des logis J.B. Guindey du 10e hussards, en tuant le Prince Louis de Prusse, avait lieu le dimanche 23 septembre ; dans la coquette commune de Laruns, sous la présidence de M. le Général de Lestapis.

A 10 heures, la charmante église de Laruns, artistiquement ornés de drapeaux et d’oriflammes groupés, était trop petite pour contenir la foule qui se pressait à la célébration de la messe en musique du Souvenir Français. M. le doyen parla éloquemment de la Patrie, de Guindey et des braves qui versèrent leur sang sur les champs de bataille.

Après l’office religieux le cortège s’est rendu devant le monument de l’illustre soldat, où en présence des autorités, de la famille Guindey, des délégations des sociétés d’anciens vétérans, et du 10e hussards, plusieurs discours ont été prononcés.

D’abord, M. le Général de Lestapis, fait entendre un appel chaleureux aux soldats d’hier et ceux de demain.

Puis le petit neveu de Guindey, M. Maurice Castellar, dit avec un art impeccable, la sublime poésie de Victor Hugo, « Waterloo » ; M.Niessen, fondateur du Souvenir Français, termine son magnifique discours par un vibrant salut à l’étendard vénéré.

M. Jules Lafond, au nom « d’Armée et Marine », dont il était l’envoyé spécial, salue le héros de l’inoubliable journée du 10 octobre 1806, et rend un sincère hommage aux vaillants combattants de 1870 – 1874, morts au champ d’honneur, pour la grandeur et la gloire de la France !

Enfin, M. Paul Arosa, le fin ciseleur de rimes à déclamé avec feu les vers sonores de son " Ode à Guindey ", ci-dessous reproduite.

Voici le texte, prononcé par Monsieur Paul Arosa, Ecrivain, Poète, petit-neveu de Jean-Baptiste Guindey.
Il ne fut point de ceux qu’une fée indulgente
Couronna de dons précieux ;
Le seul bien qu’il reçut, ce fut une âme ardente
Avec un cœur audacieux.

La richesse ignora toujours sa destinée
Il ne connut à son berceau
Que la calme splendeur des blanches Pyrénées
Et les bords du gave d’Ossau.

Mais il avait en lui la flamme surhumaine
Qui scintille au fond des héros
L’habit du paysan et le béret de laine
Rustres et lourds, lui pesaient trop.

En lui-même il sentait trop de force et d’audace
Pour vivre auprès des montagnards
Il lui fallait la poudre et la charge et l’espace
Et le frisson des étendards.

Préférant le clairon au galoubet du pâtre
Confiant en son astre, il quitta
Sans larmes ni regrets la tiédeur de l’âtre
Et, cœur battant, se fit soldat.

Pendant près de dix ans, le drapeau tricolore
Le vit toujours au premier rang,
Parcelle du flambeau, flamme du météore
Que fut Napoléon le Grand.

Il fut un hussard de cette grande armée
Qui fit trembler le monde au bruit de ses canons,
Captive, elle trainait la victoire enchainée
Au galop de ses escadrons.

De Holzeim à Hanau dressant sa haute taille,
Il se battit cent fois, bravant cent fois la mort
Et la gloire qui rôde à l’entour des batailles
Lui mit au front son laurier d’or.

Ce fut à Saalfeld, à ce combat tragique
Où l’ennemi vaincu fut refoulé par nous,
Guindey, couvert de sang, farouche et magnifique
Vit un Prince de Prusse et lui dit : Rendez-vous !

L’autre répondit, Non ! Et le frappant en face
Le blessa, la riposte alors fut un coup droit
Et la mort fut donnée implacable et sans grâce
Par cet enfant du peuple à cet enfant du roi.

Son sabre pour tout bien, l’honneur pour seule règle
Il combattit encore sept ans,
Suivant le glaive au poing, le sillage de l’aigle
Et les drapeaux levés et les tambours battants.

Il mourut à Hanau, l’attaque y fut brûlante ;
Quand le combat prit fin, aux abords de la nuit,
On retrouva son corps parmi l’herbe sanglante
Plus de six Bavarois tués autour de lui.

La guerre est de la mort l’atroce fiancée,
A l’éloigner de nous soyons tous décidés.
Mais si la France encore est atteinte et blessée,
Soldats des temps présents, rappelez-vous, Guindey.
Sitôt les discours terminés, deux plaques commémoratives ont été érigées : l’une sur la façade de la mairie, à la mémoire des Enfants d’Ossau, morts pour la patrie, et la seconde placés sur la porte d’entrée de la maison natale de Guindey.

Un banquet des plus intimes à réunis à l’hôtel des Tourismes de nombreux convives notamment : M le Général de Lestapie, M. et Mme Castellar ; Mme et Mlle Cota, M. Maurice Castellar, des « Cornéliens » de Paris, M. Niessens, M. Bonnecaze, conseiller d’arrondissement, M. Abadie-Tourné, Conseiller général, M. le D. Cuq, président de la section du.... « Souvenir Français » de Pau, Jules Lafond, « d’Armée et Marine », Mme Chéron , présidente de la section du ....« Souvenir Français » de Tarbes, M. Paul Arosa, M. Berdou, ancien maire, M. Boutigue, etc. etc……

Au champagne, plusieurs toasts ont été portés.
Commémoration de centenaire des batailles de Iéna et de Saalfeld, 1806-1906
Commémoration du centenaire des batailles de Iéna et de Saalfeld, 1806-1906
1906, Journée Commémorative du centenaire de la Bataille de Saalfeld
1906 - Journée Commémorative du centenaire de la Bataille de Saalfeld (10 Octobre 1806) présidée par le Général Lestapis (Présence à sa droite de M. Maurice Castellar, Petit-Neveu de J.B. Guindey).

Sources & bibliographie :

Article du Journal « Le Patriote des Pyrénées » du 23 Septembre 1906.
Archives familles Arosa.
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